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Enquête Ipsos : cinq ans après, les Français attendent toujours un cadre plus lisible pour la pratique de l'hypnose

Les Français et l'hypnose : quelles connaissances ? Quel recours à cette pratique ?

En avril 2021, une enquête nationale réalisée par Ipsos pour Emergences auprès de 1 021 Français mettait en évidence un paradoxe qui demeure pleinement d'actualité. Alors que l'hypnose est de plus en plus présente dans les parcours de soins et bénéficie d'une confiance croissante du public, les Français déclarent éprouver de grandes difficultés à identifier les professionnels réellement qualifiés pour la pratiquer dans un objectif thérapeutique.


Cinq ans plus tard, en 2026, le développement de l'hypnose s'est poursuivi, notamment au sein des établissements de santé. En revanche, le cadre juridique encadrant son exercice n'a pratiquement pas évolué. Les principaux enseignements de cette enquête conservent ainsi toute leur pertinence.

auto-hypnose pour prendre soin de soi

Une pratique désormais largement intégrée dans les parcours de soins

L'enquête Ipsos révélait que 39 % des Français avaient déjà consulté un praticien en hypnose, tandis que 65 % avaient déjà eu recours à au moins une médecine complémentaire.
Ces chiffres témoignaient déjà d'une place importante accordée aux approches complémentaires dans les parcours de santé.
Depuis 2021, cette dynamique s'est confirmée. L'hypnose est aujourd'hui utilisée dans un nombre croissant de services hospitaliers et de structures de soins en complément des traitements conventionnels. Elle intervient notamment dans la prise en charge de la douleur aiguë ou chronique, l'accompagnement des patients en cancérologie, la réduction de l'anxiété liée aux soins, la préparation d'interventions, certains gestes techniques ou encore les parcours de périnatalité. De nombreuses formations universitaires, diplômes interuniversitaires et formations professionnelles sont désormais proposés aux médecins, infirmiers, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, psychologues et autres professionnels de santé, illustrant l'intégration progressive de l'hypnose dans les pratiques cliniques.

Les Français recherchent avant tout des professionnels qualifiés


L'étude montre également que les patients accordent une importance particulière aux compétences des personnes qu'ils consultent.
Avant de prendre rendez-vous, 58 % des personnes ayant déjà consulté en médecine complémentaire déclarent se renseigner sur les formations suivies par leur praticien. Cette proportion atteint 68 % chez les personnes ayant déjà consulté en hypnose.
Par ailleurs, lorsqu'ils recherchent un professionnel de santé, les Français privilégient largement les recommandations de leur médecin traitant, d'autres professionnels de santé ou de leurs proches avant toute autre source d'information.
Ces résultats traduisent une attente forte de garanties concernant la qualification des professionnels et la qualité des prises en charge.


Une réalité largement méconnue


L'un des enseignements les plus marquants de l'enquête concerne la connaissance du grand public concernant les formations d'hypnose accessibles à tous.
En 2021, 42 % des Français déclaraient avoir entendu parler de ces formations, mais seulement 10 % indiquaient savoir précisément de quoi il s'agissait.
Plus significatif encore, seuls 26 % savaient qu'à l'issue de ces formations d'hypnose accessibles à tous, leurs participants peuvent ouvrir un cabinet et proposer des consultations d'hypnose. Les trois quarts des Français l'ignoraient.
Cette méconnaissance interroge la capacité des usagers à comprendre les différences de parcours, de formation et de responsabilité entre les différents professionnels proposant l'hypnose.

79 %, ipsos

Une confiance largement accordée aux professionnels de santé


L'enquête montre également que cette distinction est loin d'être neutre pour les patients.
Interrogés sur leur confiance envers les personnes ayant suivi ces formations d'hypnose accessibles à tous, 72 % des Français répondent qu'ils ne leur feraient pas confiance pour être soignés avec l'hypnose.
À l'inverse, les résultats traduisent une confiance qui repose largement sur l'idée que l'hypnose thérapeutique s'inscrit dans une prise en charge réalisée par un professionnel de santé disposant d'une formation clinique initiale, d'une formation complémentaire en hypnose et soumis aux obligations déontologiques de sa profession.


Une confusion persistante pour le grand public


L'un des chiffres les plus marquants de cette étude reste sans doute celui-ci :
79 % des Français déclarent qu'il est difficile de distinguer un professionnel de santé pratiquant l'hypnose d'une personne ayant suivi une formation d'hypnose accessible à tous.
Cette difficulté d'identification constitue un enjeu majeur d'information des usagers.
Aujourd'hui, le terme « hypnose » recouvre des réalités très diverses : hypnose médicale, hypnose pratiquée par des psychologues, des infirmiers, des sages-femmes ou d'autres professionnels de santé, mais également activités proposées par des personnes n'exerçant aucune profession de santé réglementée.
Pour le public, cette diversité est rarement visible.


Les Français souhaitent davantage de repères


Face à cette situation, les attentes exprimées dans l'enquête sont particulièrement claires.
59 % des Français se déclarent favorables à la création d'un annuaire répertoriant exclusivement les professionnels de santé qualifiés en hypnose.
Cette demande traduit un besoin de lisibilité davantage qu'un besoin d'informations supplémentaires. Les patients souhaitent pouvoir identifier facilement les professionnels exerçant l'hypnose dans un cadre thérapeutique, avec les garanties associées à leur profession.


En 2026, une situation réglementaire toujours inchangée


Depuis la publication de cette enquête, le développement de l'hypnose s'est poursuivi dans le champ de la santé. Les établissements hospitaliers sont toujours plus nombreux à intégrer cette approche dans leurs protocoles de soins, tandis que les formations destinées aux professionnels de santé continuent de se développer.
En revanche, le cadre réglementaire est resté sensiblement identique.
Il n'existe toujours pas, en France, de titre professionnel protégé de « praticien en hypnose ». Les formations d'hypnose accessibles à tous permettent toujours à leurs participants de proposer cette activité au public, sans qu'une distinction immédiatement identifiable n'existe entre ces derniers et les professionnels de santé utilisant l'hypnose dans leur pratique clinique.
Les principaux résultats de l'enquête Ipsos demeurent ainsi pleinement d'actualité. Les attentes exprimées en 2021 n'ont, à ce jour, pas trouvé de réponse réglementaire permettant d'améliorer la lisibilité de l'offre pour les patients.


Un enjeu de santé publique


L'objectif n'est pas d'opposer les différents usages de l'hypnose, dont les finalités peuvent être variées, mais de garantir une information claire lorsque celle-ci est proposée dans un objectif de soin.
L'enquête Ipsos met en évidence une attente forte de la population : pouvoir identifier facilement les professionnels de santé formés à l'hypnose, exerçant dans le respect de leur cadre déontologique et de leurs compétences professionnelles.
Dans un contexte où l'hypnose occupe une place croissante dans les prises en charge de la douleur, des maladies chroniques, des troubles anxieux ou de l'accompagnement des soins, la réflexion sur un cadre plus lisible apparaît plus actuelle que jamais.
 


Cinq ans après cette enquête, les chiffres n'ont rien perdu de leur force. Ils rappellent que la confiance des patients repose avant tout sur la transparence, la qualification des professionnels et la sécurité des soins. Ils invitent également à poursuivre la réflexion sur les moyens de mieux distinguer, pour le grand public, les professionnels de santé pratiquant l'hypnose des personnes ayant suivi une formation d'hypnose accessible à tous, afin de garantir une information éclairée et un choix véritablement libre des patients.