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Alliance thérapeutique

un fondamental pour apprendre l’hypnose et améliorer la relation de soin

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Quand on parle d’alliance thérapeutique, beaucoup de professionnels pensent spontanément à une idée assez simple : “le patient et moi avons un bon lien”, ou au contraire, “ça ne passe pas entre nous”. En réalité, les choses sont beaucoup plus complexes.

L’alliance thérapeutique ne désigne pas une impression vague, bonne ou mauvaise, ni une qualité relationnelle magique ou immédiate. Elle renvoie à une réalité clinique concrète : la manière dont un patient et un soignant parviennent, ou non, à construire un espace de coopération suffisamment sûr, compréhensible et ajusté pour que le soin puisse produire ses effets. Cela se traduit par le fait que la personne se sente écoutée, respectée, comprise. 

Dans ce cadre, l’hypnose et la communication thérapeutique n’ajoutent pas une couche de techniques artificielles à la relation. Elles permettent surtout de mieux observer, mieux s’ajuster, mieux aligner son expression et ses intentions thérapeutiques, et donc de mieux soigner.

La relation : une dimension universelle de l’expérience humaine

Dans toute interaction humaine, un lien se crée. La qualité de ce lien influence profondément ce qui devient possible ensuite : apprendre, tenter de nouvelles choses, collaborer, traverser une épreuve ou un conflit, activer de la ressource et de la créativité, ou se transformer. Cela vaut dans l’enseignement, dans les relations familiales, dans le management, dans les relations commerciales, et bien sûr dans le soin.

Du point de vue du développement humain, psychique et moteur, cette question du lien est fondatrice. L’être humain se construit d’abord dans une expérience relationnelle primaire de proximité, de sécurité, de dépendance et d’accordage (la toute première étant : la grossesse). Puis, très progressivement, ce lien rend possible l’autonomisation. Lorsqu’un enfant se sent suffisamment en sécurité, elle/il peut explorer, prendre des risques mesurés, apprendre, expérimenter et se différencier.

On retrouve quelque chose de très proche dans la relation de soin. Traverser une maladie, une douleur, une période de crise psychique ou un traitement difficile suppose souvent une coopération et du soutien. Cette coopération ne peut pas être réduite à la seule observance ou à l’exécution correcte d’une prescription. Elle suppose que le patient puisse sentir qu’il a une place autonome au sein du processus, que ce qu’elle/il vit compte, que son point de vue peut être entendu, et que le soin n’est pas seulement fait “sur elle/lui”, mais aussi avec elle.

Du soin par la domination aux soins enrichis par la coopération

L’évolution du soin, au fil des dernières décennies, a progressivement déplacé le centre de gravité de la relation thérapeutique. Nous ne sommes plus dans un modèle où l’autorité des soignant.e.s suffirait à légitimer l’ensemble de la décision. Le droit des patients, le devoir d’information, la nécessité d’un consentement libre et éclairé, et plus largement la transformation de la culture du soin ont rendu plus visible une réalité clinique déjà ancienne : les soins sont souvent meilleurs quand les patients peuvent y participer activement.

Cette participation ne signifie pas que le patient doit tout décider ni que le soignant renonce à son expertise. Elle signifie plutôt que la qualité du soin dépend aussi de la qualité de l’ajustement relationnel. Pour que le patient puisse participer, il doit avoir le sentiment qu’il peut le faire. Il doit se sentir suffisamment compris, respecté et inclus pour mobiliser ses propres ressources. Autrement dit :

L’alliance thérapeutique n’est pas un supplément facultatif, elle fait partie du soin lui-même.

feedback

Une alliance thérapeutique, concrètement, qu’est-ce ?

Si l’on veut éviter que la notion reste floue, il faut la traduire en éléments observables. Une alliance thérapeutique suffisamment opérante repose notamment sur plusieurs questions simples. On pourrait mesurer, de 0 à 10, les items suivants :

  • La personne se sent-elle écoutée ?
  • Se sent-elle comprise ?
  • Se sent-elle respectée ?
  • A-t-elle le sentiment que la discussion est réellement co-construite ?
  • Dans quelle mesure est-ce qu’on aborde ce qui est important pour elle ?
  • Dans quelle mesure peut-elle exprimer un désaccord, une hésitation, une nuance dans la discussion ?

Ces dimensions peuvent être explorées de manière très concrète, par exemple à l’aide d’outils brefs comme la Session Rating Scale (SRS, créée par Scott D. Miller - https://www.scottdmiller.com/), qui permet d’évaluer la qualité subjective de l’interaction du point de vue du patient. L’intérêt de ces approches n’est pas la documentation du dossier. Il ne s’agit pas de “juste faire remplir une échelle”. Il s’agit d’introduire une culture de l’évaluation de son travail (feedback) et de l’ajustement en continu dans la relation de soin.

Plus simplement, demander systématiquement : “Vous êtes-vous senti-e écoutée aujourd’hui ?”, puis : “Qu’aurais-je pu faire de mieux ?” peut suffire à déplacer profondément la qualité de l’échange, à condition bien sûr, de prendre réellement en compte la réponse.

L’erreur fréquente : croire qu’il existe un “bon lien” en soi

Une confusion fréquente consiste à parler d’un lien thérapeutique comme s’il était, en lui-même, bon ou mauvais, stable ou définitif. En pratique, cela ne veut pas dire grand-chose.

Un patient peut dire s’être senti très écouté au cours d’une séance, sans que cela ne garantisse quoi que ce soit pour la suite. À l’inverse, une tension ou un malentendu ponctuel ne signifie pas nécessairement que la relation est compromise. L’alliance thérapeutique est un processus vivant. Elle évolue. Elle se renforce, se fragilise, se répare, se désorganise parfois, puis se reconstruit.

Cette idée est importante pour les soignants, car elle invite à sortir d’une vision binaire et défensive de la relation. L’enjeu n’est pas d’obtenir une relation “parfaite”, encore moins fusionnelle. D’ailleurs, la fusion est souvent un mauvais indicateur clinique : elle masque la différence, évite le conflit et prépare parfois des déceptions ultérieures. Une alliance thérapeutique solide n’est pas une fusion. C’est une relation suffisamment stable pour tolérer la différence, l’incertitude, les ajustements, le soutien, mais aussi parfois les séparations ou les ruptures réparables. Le maintien du dialogue est le principal levier d’action pour construire ou reconstruire l’alliance. Ce ne sont pas les ruptures ou dissonances en elles-mêmes qui prédisent le plus mauvais pronostic, mais leur non-reconnaissance et l’absence de travail de réparation ou réajustement.

Partager un même espace-temps : une base souvent sous-estimée

Un point central, souvent insuffisamment formulé, est le suivant : pour qu’une alliance existe, encore faut-il que patient et soignant puissent expérimenter le vécu, au moins partiellement, et au moins temporairement, d’un espace-temps subjectif commun.

Cela peut sembler évident. Deux personnes sont factuellement dans la même pièce, à la même heure, dans le même cadre de soins. Et pourtant, sur le plan du vécu subjectif, elles peuvent se trouver dans des mondes ou des vécus très différents.

Un traumatisme par exemple peut figer la personne, arrimée à une scène du passé. Le patient anxieux peut être happé par des anticipations catastrophiques. Le patient douloureux peut être absorbé par ses sensations au point que l’environnement relationnel devienne secondaire. D’autres patients sont pris dans un flux de ruminations, de dissociation, d’absence ou d’hypervigilance qui rend difficile l’accès à l’ici et maintenant ensemble.

Dans cette perspective, l’alliance thérapeutique n’est pas seulement une collaboration sur des objectifs et des tâches. Elle implique aussi un travail plus fondamental : contribuer à créer les conditions minimales d’une présence partagée.

Les travaux de Daniel Stern sur le moment présent en psychothérapie éclairent bien cette dimension. Une part du changement ne se joue pas uniquement dans les grandes interprétations, mais dans des micro-moments d’expérience partagée, très brefs, où se condensent présence, accordage, sécurité et sens.

Quand l’espace-temps partagé fait défaut

Sur le plan clinique, plusieurs signes peuvent faire penser que le patient n’est pas, ou plus, dans un espace-temps suffisamment partageable :

  • un discours collé à des scènes passées, avec très peu d’ancrage dans le présent ;
  • une difficulté à décrire ce qui est perçu dans la pièce ou dans le corps, là, maintenant ;
  • un langage saturé de généralisations (“toujours”, “jamais”, “partout”) ;
  • des ruptures brusques de contact, des flottements du regard, une impression d’absence ;
  • chez le soignant lui-même, une sensation de confusion, de décrochage, d’ennui massif ou de perte du fil.

Ces manifestations ne doivent pas être interprétées trop vite comme un manque de motivation ou de coopération. Elles signalent souvent, au contraire, que le patient se trouve dans un monde vécu négatif, difficilement partageable à cet instant.

Construire activement l’espace partagé

Une partie essentielle de la relation thérapeutique consiste donc à construire, puis à valider régulièrement, un espace-temps commun minimal. Cela peut passer par des gestes simples :

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Ancrer la personne dans l’ici et maintenant

Inviter le patient à remarquer des éléments concrets autour de lui : la lumière, les couleurs, les sons, la température, les points d’appui du corps. Nous appelons communément cela le VAKOG (visuel, auditif, kinesthésique, olfactif, gustatif). Le but est de faire observer et décrire l’environnement, comme source de sécurité, stabilité, et absence de danger.

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Clarifier le sens des mots

Les mêmes mots ne renvoient pas aux mêmes réalités pour tout le monde. Quand un patient dit “je me sens écrasé”, “bloqué”, “en danger” ou “vide”, il est souvent utile de demander : “Qu’est-ce que cela veut dire pour vous, concrètement ?” ou “Quand vous me dites cela, qu’aimeriez-vous exactement me faire comprendre ?”

Les mots sont également source de nombreux malentendus, surtout à l’hôpital. Par exemple : - la potence est la prise qui permet à la personne de se relever du lit, et n’a rien à voir avec la peine de mort
- mettre un SAC à la personne signifie un « sérum d’albumine concentrée », et non pas l’emmener à la morgue
- le pistolet est un récipient pour uriner, et non pas une arme
Il existe de nombreuses sources de malentendus qui nécessitent d’améliorer notre communication, notre présence, pour pouvoir diffuser autour de nous la bienveillance et la gentillesse dont ont besoin les personnes en souffrance. 

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Explorer et utiliser les métaphores corporelles et émotionnelles

En psychothérapie comme en hypnose dans les soins aigus, affiner les images internes du patient permet souvent de s’approcher plus finement de son vécu : donner au symptôme ressenti taille, forme, texture, mouvement, localisation, intensité, température, etc.

Répéter ensuite les mots entendus permet réellement de s’approcher de l’expérience subjective de l’autre.

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Vérifier la compréhension mutuelle

Par exemple : “Si je vous ai bien compris, ce qui est le plus présent pour vous là, maintenant, c’est…” Puis laisser la personne confirmer, corriger, nuancer.

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Nommer les micro-ruptures

Dire simplement : “J’ai l’impression que nous ne sommes plus tout à fait au même endroit, là. Comment est-ce pour vous ?” peut parfois relancer une alliance en train de se défaire.

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Ce que la communication thérapeutique apprend concrètement aux soignants

C’est ici que la communication thérapeutique rejoint très directement l’alliance thérapeutique.
Avant même les techniques hypnotiques formelles, le soignant peut apprendre à mieux observer et à mieux interagir. Cela comprend notamment :

  • l’attention portée à la posture corporelle, de soi et de l’autre ;
  • la qualité du regard ;
  • le rythme de la parole ;
  • le ton de voix ;
  • le choix des mots ;
  • l’ajustement verbal, paraverbal et non verbal ;
  • la capacité à se décentrer de soi pour rejoindre, autant que possible, le vécu du patient.

Cet ajustement n’est pas une imitation mécanique ni une manipulation. Il s’agit plutôt d’une discipline d’attention. Se rendre davantage disponible à ce que vit l’autre permet d’augmenter la précision clinique de la rencontre. Dans cette perspective, apprendre l’hypnose pour les médecins, les infirmiers ou plus largement tous les soignants, ce n’est pas seulement apprendre des inductions. C’est aussi apprendre à mieux créer les conditions relationnelles dans lesquelles une parole, un geste ou une suggestion thérapeutiques pourront réellement être reçus.

influence de F. Roustang

L’influence thérapeutique existe, y compris dans les mots et gestes ordinaires

L’une des contributions importantes de l’hypnose clinique et de la communication thérapeutique consiste à rappeler que le soignant influence déjà le vécu du patient — qu’il le veuille ou non (SOURCE ROUSTANG : https://www.leseditionsdeminuit.com/livre-Influence-3513-1-1-0-1.html ).
Le ton employé, le rythme, le choix des mots, la manière d’annoncer un geste, de présenter une difficulté ou de contenir une émotion modifient le niveau de douleur, d’anxiété ou de sécurité ressenti. Les travaux d’Elvira Lang sur l’impact des mots et du comportement soignant dans les contextes de soins douloureux ont bien montré que la communication n’est jamais neutre (SOURCE : LANG ET AL., https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0304395904006153)

Autrement dit, la question n’est pas : “Allons-nous influencer le patient ?” La question est : “Comment influencer de manière plus juste, plus sobre, plus éthique et plus thérapeutique ?”

Après une première phase d’observation et de synchronisation, le soignant peut orienter le patient vers davantage de calme, de clarté ou de sécurité par une communication simple, ajustée, cohérente avec l’intention thérapeutique. C’est valable dans les soins douloureux, en situation aiguë, dans les services somatiques, mais aussi en psychothérapie et dans l’accompagnement des troubles chroniques

L’alliance thérapeutique se mesure aussi dans la durée

Un autre point majeur est la temporalité plus ou moins longue. L’alliance thérapeutique ne se réduit pas à ce qui se passe dans une seule séance, même si dans l’aigu on fait comme on peu, rapidement. Dans certaines prises en charge, notamment en médecine générale ou en santé mentale, elle se construit sur des mois ou des années. Les patients ne découvrent pas seulement les soignants ; ils apprennent aussi progressivement ce qu’ils peuvent attendre d’eux-elles, ce qu’ils peuvent risquer dans ce lien, et jusqu’où ils peuvent s’y sentir en sécurité.
C’est pourquoi certaines dimensions importantes du vécu ne deviennent partageables qu’après un long temps de maturation relationnelle. Non pas parce que le patient “résiste” au sens simpliste du terme, mais parce qu’il n’existe pas encore, au départ, assez de sécurité, assez de confiance ou assez d’expérience relationnelle réparatrice pour permettre certaines mises en mots.

Dans cette perspective, parler d’un “bon lien” trop tôt peut être trompeur. Un lien peut sembler satisfaisant, cordial, stable, tout en restant encore trop superficiel pour permettre l’accès à certaines zones de honte, de terreur ou de vulnérabilité extrême. Puis, plusieurs années plus tard, quelque chose se déplace, et une autre profondeur relationnelle devient possible.

C’est aussi cela, l’alliance thérapeutique : non pas un état, mais une évolution.

Les situations où l’alliance demande une vigilance particulière

Certaines configurations cliniques exigent une attention redoublée.

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Trauma et dissociation

Chez les patients ayant vécu des traumas interpersonnels précoces, le thérapeute peut être d’emblée inscrit dans un monde relationnel marqué par la méfiance, l’intrusion, l’attente de défaillance ou le danger. Le soutien peut être vécu comme improbable, voire menaçant. Dans ces situations, il est souvent plus utile de travailler d’abord l’ancrage, la sécurité, la prévisibilité et la tolérance à la co-présence, plutôt que de vouloir accéder trop vite au contenu traumatique.

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Psychoses et altérations majeures du monde vécu

Dans certaines organisations psychotiques, l’espace, le temps, le corps et l’intersubjectivité peuvent être profondément désorganisés. L’objectif n’est pas d’obtenir un accord complet sur le sens de l’expérience, mais d’offrir des repères stables, simples, fiables, et un cadre relationnel suffisamment constant.

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Douleur, urgence, soins techniques

Dans les contextes aigus, le temps semble manquer, et pourtant l’alliance reste essentielle. Quelques secondes de présence, une information claire, un ton calme, une reformulation ajustée peuvent suffire à changer l’expérience du patient. L’hypnose conversationnelle et la communication thérapeutique trouvent ici toute leur pertinence.

Pourquoi apprendre l’hypnose améliore aussi l’alliance thérapeutique

Pour beaucoup de soignants, la porte d’entrée vers l’hypnose est la recherche d’outils concrets : mieux accompagner la douleur, réduire l’anxiété, aider lors d’un geste technique, enrichir une pratique de psychothérapie.
C’est légitime. Mais une formation sérieuse en hypnose apporte souvent quelque chose de plus profond : elle oblige à réinterroger la qualité même de la présence soignante.
Apprendre l’hypnose, c’est souvent réapprendre à observer. À ralentir. À écouter plus finement. À choisir ses mots avec plus de précision. À faire davantage de place au rythme du patient. À comprendre que la relation n’est pas le décor du soin, mais l’un de ses vecteurs essentiels.
C’est pourquoi ces apprentissages concernent autant l’hypnose pour les infirmiers que l’hypnose pour les médecins, les psychologues, les sages-femmes ou d’autres professionnels de santé. Ils ne relèvent pas d’une spécialité fermée, mais d’un approfondissement de compétences transversales au cœur du travail clinique.

Une compétence à entretenir, pas un acquis définitif

Même après des années d’expérience, il reste utile de revenir aux fondamentaux de la communication et de l’alliance thérapeutique.
Non parce que le professionnel manquerait de compétence, mais parce que la relation de soin expose en permanence à l’habitude, à la fatigue, aux automatismes, aux angles morts et aux illusions de compréhension. Se former, se faire superviser, accepter les retours et critiques, observer ses propres façons de parler et de se positionner font partie d’une démarche de qualité.
L’alliance thérapeutique n’est pas un don, ni un trait de personnalité. C’est une compétence clinique, relationnelle et éthique qui se travaille régulièrement.
Et c’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles elle mérite d’être au centre de toute réflexion sur l’apprentissage de l’hypnose et de la communication thérapeutique.

En conclusion

L’alliance thérapeutique ne se résume ni à la sympathie, ni à une bonne impression générale, ni à une relation fusionnelle. Elle correspond à un processus vivant de co-construction, dans lequel patient et soignant parviennent progressivement à partager un espace relationnel suffisamment sûr, intelligible et ajusté pour permettre le soin.
Elle se vérifie dans des éléments concrets : le sentiment d’être écouté, compris, respecté ; la possibilité de participer ; la capacité du soignant à observer, s’ajuster, clarifier, réparer et guider avec justesse.
Dans cette perspective, apprendre l’hypnose n’est pas seulement apprendre une technique. C’est souvent approfondir une manière d’être en relation, affiner sa présence clinique, et renforcer ce qui permet au soin de devenir réellement transformateur.

Bibliographie

Flückiger C, Del Re AC, Wampold BE, Horvath AO. The alliance in adult psychotherapy: a meta-analytic synthesis. Psychotherapy (Chic). 2018;55(4):316-340.
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Stern DN. The Present Moment in Psychotherapy and Everyday Life. New York: W. W. Norton; 2004. → https://wwnorton.com/books/The-Present-Moment-In-Psychotherapy-and-Everyday-Life/

Travaux de Scott D. Miller autour du feedback informé par le patient, ORS/SRS. → https://www.scottdmiller.com/

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