Travaux
 
Maryvonne Virot-Ballay

De l'hypnose à l'hypnose
Mémoire de psychologie clinique
Rennes 1995
Ce mémoire contient en particulier une présentation historique de l'évolution de l'hypnose, les principaux concepts de l'hypnose ericksonienne et jette quelques ponts entre différents types d'hypnoses.

 Liste
 
DE L'HYPNOSE A L'HYPNOSE : INTRODUCTION
   
 Introduction

Maryvonne Virot-Ballay

L’histoire de la psychiatrie et quelques années passées à l’hôpital en tant qu’infirmière, nous ont appris qu’il existe des approches thérapeutiques très diverses, depuis les prises en charge institutionnelles jusqu’aux chimiothérapies. Chacune trouve sa pertinence dans un contexte donné, mais ce sont les thérapies qui reposent sur la relation qui nous ont toujours le plus attirée.

A ce jour, les psychothérapies se présentent sous des formes variées, mais elles sont pour la plupart liées à un même courant de pensée, né en France à la fin du XIXè siècle grâce à l’influence de l’hypnose.

L’hypnose et son mystère, c’est autour de ce bien vaste sujet que nous avons bâti notre travail de recherche.

Il arrive dans la suite logique de deux cycles de formation auxquels j’ai participé. Dans la mesure où il s’agit d’un outil thérapeutique complexe, l’hypnose demande une large compréhension de la psychologie humaine, mais aussi une grande pratique. La formation m’avait largement sollicité sur le terrain de l’agir et de l’expérimentation, il s’agissait maintenant d’aller plus au fond du phénomène et de me lancer dans la longue histoire de l’hypnose.

Le même mot “hypnose” semble troubler ce qu’il en est vraiment. L’étymologie qui la rapporte au sommeil ainsi que les différents termes génériques qui l’accompagnent, suggestion, transe, état de conscience modifiée, empathie nous laissaient dans une confusion telle, qu’il nous a semblé pertinent d’essayer de la lever. Car ce sont autant de termes qui touchent bien à ce qu’il s’agit d’étudier mais qui le manquent également. Tenter d’affiner, de cerner ce “lien” sur lequel nul ne possède le dernier mot et de dégager la pratique thérapeutique actuelle, allait nous engager dans une recherche un peu large, mais qui devait nous conduire à des discernements au bénéfice d’une pratique future, et bien évidemment des patients, dans leur quête d’un équilibre où la souffrance n’est plus.

Mais, à la profusion des définitions qui sous-tendent l’hypnose, s’ajoutaient les critiques, et les inquiétudes, qui nous paraissaient surprenantes, à la lumière de notre formation.

Les critiques adressées aujourd’hui à l’hypnose portaient elles bien sur cet outil que j’avais découvert ou s’agirait-il encore d’un malentendu porté par sa filiation historique ?

Pour avancer sur une cette question, il nous a semblé nécessaire de faire le détour par le passé de l’hypnose. C’est ainsi que nous avons repris les approches successives, de Mesmer, Charcot, Liebault, Bernheim, puis Freud et Janet dans leur rapport avec l’hypnotisme. Autant d’illustres personnages qui en leur temps et à leur manière ont apporté leur contribution au développement d’un phénomène qui, de la magie, à la psychothérapie, en passant par le magnétisme, n’a pas cessé de faire l’objet de querelles, de contradictions et de découvertes et qui finalement s’est vu pratiquement disparaître de sa patrie d’origine. C’est l’objet de notre première partie.

Dans un second temps, il fallait présenter l’hypnose clinique impulsée par M.H. Erickson, psychiatre américain dont la pratique s’est introduite en France depuis les années 1980 puis tenter de définir les particularités de la méthode, le processus thérapeutique dans lequel il intègre l’hypnose ainsi que les concepts qui président à son utilisation. Nous avons plus brièvement abordé les techniques qui, si elles sont riches et variées, nous semblent intéressantes surtout dans la dynamique qui les organise.
Enfin dans un troisième temps, c’est une tentative de formalisation à laquelle nous nous sommes confrontée. Un bilan s’est avéré nécessaire car l’avènement de tant de pratiques et de bouleversements posaient bien la question de “qu’est-ce que l’hypnose” après deux siècles de recherches, d’expérimentations, de conceptualisations. En quoi, la transe, la relation, la non-directivité pouvaient participer d’un outil de soins si controversé.

Ses indications, ses limites, ses dangers, nous ont enfin permis de l’aborder sous l’angle de l’éthique.
Nous nous sommes permis, seulement dans ce troisième chapitre, d’introduire nos questionnements et nos commentaires, afin de préserver la cohérence et la clarté nécessaires à une présentation objective de notre travail.
Il est clair que le sujet est vaste et que bien des éléments de notre réflexion sont volontairement restés dans l’ombre d’un travail qui pourrait sur de nombreux points être développé. Nous nous en excusons d’avance auprès de nos lecteurs, mais c’était peut-être le prix à payer pour conserver notre trajectoire.

En fin de mémoire, se trouve un glossaire qui définit quelques termes classiques utilisés en hypnose.


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