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L'hypnose et anesthesie chez l'enfant |
Dr POLOMENI-LUCAS M-Madeleine-
Anesthésiste-Réanimateur
Chirurgie Infantile
L'anxiété de l'enfant au moment
de l'induction a une influence sur le comportement postopératoire.
Kain (1) a montré qu'il existe une corrélation significative
entre l'anxiété de l'enfant pendant l'induction et le
niveau de score d' excitation en salle de réveil.
De même, 54% de ces enfants présentent également,
jusqu'à 2 semaines après l'intervention, des troubles
du comportement (anxiété globale, apathie, perte de
l'appétit, troubles du sommeil, peur de la séparation).
L'hypnose est semble-t-il une
alternative intéressante à la prémédication,
avec poursuite des bénéfices en postopératoire
sur l'analgésie, un retour plus rapide à une activité
quotidienne et une prise en charge active par le patient de l'hospitalisation.
En chirurgie Infantile,
l'anesthésiste établit le premier contact avec l'enfant
et ses parents au moment de la consultation préanesthésique..
Il entend les craintes de cette famille, et crée une réelle
communication avec l'enfant, essayant de connaître ses goûts,
ses sports ou animaux favoris, son cadre de vie habituel. Une première
séance de relaxation peut être proposée
en fonction de l'état d'anxiété de l'enfant
afin d'induire un sentiment de confort, de sécurité.
Il est alors déjà évoqué les différents
temps de préparation qu'il devra subir avant
d'être endormi (quitter la chambre, aller au bloc opératoire,
s'allonger sur la table d'intervention, être perfusé
... ).
Le deuxième contact
a lieu le jour de l'intervention, où l'anesthésiste
retrouve la relation avec l'enfant et assure un lien de continuité
lors du départ des parents, à l'entrée du bloc
opératoire.
Il permet à l'enfant
de retrouver le même sentiment de confort qu'au moment de
la consultation ou bien recrée avec lui la réalité
d'un vécu agréable ou d'une histoire adaptée
à la situation.
Arrivés au bloc
opératoire, il est préférable
de maintenir un isolement sensoriel confortable, et de renforcer
le sentiment de sécurité. Si une situation d'inconfort
existe, il s'agit de la reconnaître et de la rectifier. Enfin,
nous aidons l'enfant à faire connaissance avec l'environnement
nouveau et inquiétant du bloc opératoire afin de mieux
l'oublier ... -
Lorsque l'enfant est en
transe hypnotique, quelque soit sa profondeur,
le visage est calme, détendu. La mobilisation des zones douloureuses
est facilitée par l'hypotonie globale et une relative analgésie.
La respiration est ample, lente et le rythme cardiaque, ralenti
devient régulier. L'induction anesthésique
médicamenteuse devient alors facilitée, avec
réalisation d'une titration des doses nécessaires.
En postopératoire,
malgré l'inconfort d'une salle de réveil, il est possible
de poursuivre l'ambiance d'induction et de finir l'histoire
débutée lors de l'endormissement. L'enfant,
en confiance, ose dire sa douleur ou ses craintes par des mots,
mieux compris par les soignants que des pleurs de mal-être
global.
L'hypnose m 'a déjà
permis d'apporter une aide aux enfants dans plusieurs situations
: ablation de drains thoraciques (complété par une
anesthésie locale), changement de sonde de vésicostomie,
réfection de plâtre, myélogramme et ponction
lombaire, meilleure acceptation de l'Entonox*. La nécessité
d'une induction anesthésique douce est particulièrement
justifiée pour les interventions multiples qui nécessiteront
plusieurs passages au bloc opératoire.
Toutefois, il existe encore
des limites pour une plus large diffusion de cette prise en charge
des enfants en milieu chirurgical: absence de demande réelle
de l'enfant face au traitement de sa maladie, difficulté
d'adaptation du personnel environnant face à cette relation
quasi exclusive entre l'anesthésiste et l'enfant, obligation
de résultat pour respecter les temps opératoire et
l'organisation globale du bloc opératoire, enfin, nécessité
d'une grande disponibilité pour l'anesthésiste pour
cette relation personnalisée.
L'hypnose paraît donc
être un outil de plus à la
disposition de l'anesthésiste. Son usage pennet de diminuer
l'anxiété des enfants par une meilleure communication
ce qui facilite la sédation, l'analgésie et la récupération
postopératoire et permet la réalisation de petits
gestes dans de bonnes conditions.
Une information et une adhésion
globale de l'équipe permettra d'en repousser les limites.
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